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« Qu’est-ce que j’en ai à foutre des
maths ! »
12.08.2004
Extrait : LE SOIR (Les série d’été| les tubes Jeudi
26 aout 2004)
http://www.lesoir.be/series/les_ados/page_5524_243570.shtml
Voir sur le site :
http://www.lesoir.be/rubriques/la_une/page_5147.shtml
Mais comment concilient-ils leurs études et leurs loisirs ? SÉRIE
(5/6)
A 17 ans, Martin double sa quatrième.
Les maths et la bio ont eu raison de lui. Moi, ce qui m'intéresse,
c'est la musique, lance ce grand efflanqué. Qu'est-ce que j'en
ai à foutre des maths et de la bio !
Guitariste et chanteur, Martin passe plus de temps dans son garage, avec
ses potes musiciens, que devant ses cours.
Je sais que l'école, c'est important, soupire le jeune Carolo.
Il faudra bien que j'aie ce diplôme de rhéto un jour ou l'autre.
Mais j'arrive pas à m'y mettre.
Pauline a 15 ans. Depuis quelques mois, elle anime une
émission sur Bel RTL. Tous les mercredis après-midi, elle
retrouve son micro et la rédaction.
J'adore, c'est vraiment passionnant !, sourit l'ado. Pour l'école,
je m'arrange. Comme d'autres font du solfège, de l'équitation
ou du foot.
Christine Stass (qui compte Pauline parmi ses élèves)
est prof de gym et de religion à l'Institut de l'instruction chrétienne
à l'abbaye de Flône, à Amay. Les « djeuns »,
elle les côtoie tous les jours depuis de longues années.
Il y a l'ado scolaire qui subit l'influence de ses parents, qui va étudier
et s'investir dans diverses activités, comme les mouvements de
jeunesse, explique l'enseignante. Il y a aussi le sportif qui vit pour
sa passion du sport et peut-être moins pour l'école. Je ne
veux pas dire que les sportifs ont tout dans les jambes, rien dans la
tête - je suis quand même prof de gym ! Mais certains trouvent
davantage de reconnaissance dans le sport que dans les points.
Le même phénomène peut se produire pour un passionné
de musique ou d'informatique.
Ils peuvent, bien sûr, faire carrière ensuite dans leur passion,
poursuit l'enseignante. Mais dans un premier temps, la reconnaissance
est importante.
Tout comme le soutien des adultes.
Engueuler son gamin au bord du terrain de foot parce qu'il a raté
un penalty est totalement contre-productif, ajoute Christine Stass. Les
jeunes ont besoin d'être valorisés. En tant qu'enseignante,
je sens que je dois sans cesse les tirer vers le haut.
La classe influence également le travail des élèves.
Car chacune contient son lot de personnalités. Dans des classes
plus faibles, certains élèves se freinent pour ne pas se
faire traiter d'intello !, commente encore la prof. Et inversement : un
élève faible peut se sentir porté par un groupe fort
au niveau scolaire. Mais l'envie de s'investir, cela commence à
la maternelle. Les parents et les enseignants doivent susciter l'envie
d'aller jusqu'au bout d'un livre, d'un jeu, d'une promenade. Il faut donner
des buts et faire découvrir le plaisir d'y arriver. Mais qu'on
ait affaire à des enfants ou à des ados, ce n'est pas toujours
facile de subir leurs râleries...
Anne, Yende, Obdel et Aimé font de la breakdance. Depuis un an,
ces garçons et filles âgés de 14 à 16 ans répètent
ensemble trois fois par semaine. Souvent à la maison des jeunes
Copainville de Watermael-Boitsfort.
C'est parfois dur de combiner la danse, les études, les amours,
les parents..., explique Yende, entre deux mouvements de break. Mais une
chose est sûre : mes parents préfèrent me voir danser
que fumer dans la rue.
Obdel enchaîne : Les miens préféreraient quand même
que j'étudie... Mais la danse, c'est une passion. Au début,
c'est pour s'amuser. Mais plus on évolue, plus ça devient
sérieux. Et on a envie d'évoluer tous ensemble.
Pour Edouard Zorn, l'animateur de la MJ, le groupe est mobilisateur.
Ils se motivent l'un l'autre, explique-t-il. Bien plus que dans un atelier
créatif, par exemple, plus individualisant. A la MJ, les activités
qui rencontrent le plus de succès sont celles que les jeunes choisissent.
Ces breakers se prennent totalement en main. Ils sont passionnés
et gèrent tout eux-mêmes : de la recherche d'une salle, quand
il le faut, à la préparation de spectacles, en passant par
les chorégraphies. Et ils s'amusent : c'est vraiment une ambition
de loisir.
Hélène Heyvaert enseigne l'éducation physique au
Centre d'enseignement Notre-Dame-des-Champs, à Uccle. Mais elle
est avant tout la principale interlocutrice du Conseil des élèves,
un organe représentatif de la voix des jeunes au sein de l'école.
Je sers en quelque sorte d'adulte-relais. Je suis proche mais sans prendre
leur place, explique l'enseignante. Les élèves doivent prendre
leur place, oser éventuellement affronter la crainte de perdre
des points... Il faut organiser des activités, gérer les
finances, etc. Et c'est parfois plus agréable de manger un sandwich
dehors que de participer à une réunion...
L'enseignante organise également un spectacle tous les deux ans,
comme une comédie musicale ou un café-théâtre.
Pour les élèves, s'investir devient tout à fait passionnant
lorsqu'ils prennent conscience de l'enjeu. Ils veulent arriver à
quelque chose de beau. Mais je pense que pour motiver le groupe, il faut
un meneur : un adulte qui leur transmette l'énergie positive, qui
les encourage.
Pour - qui sait ? - susciter des vocations ou de véritables carrières.
Les comédiennes Laurence Bibot et Manuela Servais ou encore le
metteur en scène Jean-Michel D'Hoop sont passés par le «
Théâtre du Cube », créé au sein de l'école
!, note Hélène Heyvaert avec une pointe de fierté.
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